Oui, je donne le biberon à bébé. Et alors ?

Du 15 au 22 octobre en France, c’est la semaine de l’allaitement maternel. Si dans l’hexagone les femmes doivent se battre pour allaiter en public, pour faire comprendre qu’allaiter est quelque chose de sain et naturel, là où je vie c’est plutôt l’inverse. Ceci est mon sentiment et celui de nombreuses autres femmes qui ne peuvent ou ne veulent pas allaiter pour des raisons physiques ou psychologiques.

Quand on annonce qu’on n’allaitera pas son enfant au sein, beaucoup vous regardent de travers. « Quoi ! Mais tu sais ce qu’on trouve dans les laits artificiels ? L’allaitement c’est naturel, économique et écologique, c’est ce qu’il y a de meilleur pour bébé, ça permet de créer un lien mère enfant… » On sait tout ça. Merci.

Culpabiliser une mère qui ne veut/peut pas allaiter, ce n’est pas la solution. Quand j’étais enceinte, j’ai eu la chance de suivre des cours de préparation à l’accouchement avec des sage-femmes géniales. Et voilà ce qu’elles m’ont dit : se forcer à allaiter n’est pas une bonne chose pour la mère et pour bébé. Une femme qui se forcera à donner le sein pourra même ne pas produire de lait. Et là, bonjour la culpabilité…

L’Organisation mondiale de la santé souhaiterait accroître les taux d’allaitement maternel à l’échelle mondiale. C’est super. J’espère qu’ils y arriveront. Mais tous les jours je lis des articles qui culpabilisent les mamans non allaitantes. Personne ne parle de celles qui ont peur, celles qui ont mal, celles qui n’ont pas de lait.

A l’hôpital quand tu annonces que tu ne veux pas allaiter, on te demande trois ou quatre fois : « tu es sûre ? Tu es sûuuuuure ? ». Eh bien oui. J’y ai réfléchi pendant longtemps. Et ne croyez pas que j’ai choisi de ne pas allaiter pour ne pas déformer ma poitrine ou pour d’autres raisons futiles et esthétiques. C’est juste plus fort que moi. J’ai beau savoir que c’est quelque chose de naturel, mon esprit s’y refuse.
Mais chaque jour, un article, une photo, une campagne me rappelle que je suis une « mauvaise mère ». Face à certaines personnes de mon entourage, j’aurai presque honte de dire que je donne le biberon à mon enfant. Honnêtement, plus j’ai l’impression qu’on me force, plus je sens la pression de la société, moins j’ai envie de donner le sein.

Ah oui et ne croyez pas que mon enfant ne m’aime pas parce qu’il ne tète pas mon sein. Je suis sa mère et je le resterai. Ma mère avait trop mal pour m’allaiter. Elle aussi a donné le biberon. Et pourtant je l’aime fort. Ça, personne ne le changera.
Autre chose : quand vous allaitez mais que vous mangez n’importe quoi, que vous buvez de l’alcool… Est-ce que vous vous dites encore que votre lait est meilleur que celui, artificiel, vendu dans le commerce ?

Je ne suis pas contre l’allaitement. Bien au contraire. Je ne peux pas, c’est tout. Et me répéter sans arrêt que j’aurais dû, que j’aurais pu, n’y changera rien. SVP, continuez à encourager les mamans à allaiter, mais changez de méthode. Et peut-être qu’un jour, quand certaines mamans se sentiront moins oppressées, elles décideront d’elles-même d’allaiter.

Crédit image à la une : un shooting que j’ai particulièrement apprécié, de Mikaela Bodkin, intitulé « Fed is Best ». Le site Internet de la photographe : cliquez ICI.

 

7 commentaires sur « Oui, je donne le biberon à bébé. Et alors ? »

  1. C’est un choix purement personnel. L’allaitement a beau être naturel, ce n’est pas si simple que cela (pour plein de raisons) et il n’y a que la maman qui assume cela. Personne ne peut se mettre à sa place et par conséquent juger son choix. Heureusement qu’il y a de supers sage-femmes qui savent nous soutenir quelque soit ce choix. 😉

    1. Oui heureusement ! Je suis bien tombée. Je connais des mamans qui ont rencontré des sage-femmes plutôt insistantes sur l’allaitement. Dans ce cas c’est plus difficile.

  2. Pour ma part j’ai allaité mon aînée 5 mois. Par envie, conviction, besoin, et « parce que le lait maternel est le meilleur pour l’enfant ». C’était un plaisir et un sentiment de « puissance » d’allaiter, ça me donnait l’impression de « faire ce qu’il fallait » pour mon enfant. Et j’avais tellement de lait que j’aurais pu en nourrir 2 ou 3 autres.
    Sauf que…
    Sauf que ma fille, RGO, régurgitait en geysers, hurlait, se tordait après chaque tétée. Souvenez-vous, le lait maternel est le meilleur pour l’enfant. Donc je poursuivais. Jusqu’à ce qu’un gastro-pédiatre m’explique que dans certains rares cas le lait maternel est trop riche pour le système digestif immature du petit qui ne le digère finalement pas. Ce qui accentue les reflux.
    J’ai donc dû sevrer ma fille. Je l’ai extrêmement mal vécu. Mais en une semaine elle allait mieux, ne hurlait plus à la mort des heures durant.
    J’ai retenté l’expérience pour la deuxième, reconnu les signes très rapidement, le sevrage s’est fait tout naturellement à un mois.

    Tout ça pour dire qu’il y a toujours des nuances à apporter dans chaque situation. Et les discours péremptoires qu’on nous sert en permanence sont délétères.
    Mesdames, faites comme vous le sentez, comme vous le pouvez, comme vous le voulez, en accord avec vous-même, votre enfant et son autre parent (car il y a aussi quelques fois une deuxième maman).

  3. Ton article me parle tellement. Pour ma fille j’ai voulu allaiter. Mais je n’y arrivais pas. A la maternité on me force à la mettre au sein. Une nuit une auxiliaire ma dit d’arrêter de me mettre dans cet état elle m’a donné un tire lait. Si j’y arrivais je pourrais nourrir ma fille comme ça sinon biberon… Et ça a marché. J’ai tiré mon lait j’étais fière de moi.

    La pour mon fils je voulais encore tirer mon lait parce qu’à j’avais trouvé ça bien. Mais prise de panique j’ai dit que je voulais juste donner le biberon.. Je doit avouer que j’ai culpabilité a un moment. Parce que sur les réseaux on te parle QUE allaitement, on te conditionne pour… c’est dommage. Aujourd’hui je suis fière de mon choix.

    1. Contente que m’ont article ait trouvé un écho chez toi. C’est vrai que ce n’est pas facile mais on fait toujours au mieux pour ses enfants et j’imagine que ton fils va très bien. C’est l’essentiel 🙂

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