« Elles m’ont dit que je ne pourrais jamais allaiter »

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-VOS HISTOIRES-

Merci à la maman qui a témoigné. Son prénom a été changé dans le texte.

Tiare accouché en juillet, un lundi. Quand elle arrive à l’hôpital, l’unique sage-femme présente est débordée : « il n’y avait qu’une sage-femme accompagnée d’une aide soignante, heureusement que j’étais la première arrivée, juste après moi 2 autres femmes en plein travail sont arrivées aussi » se souvient-elle.

Après l’accouchement, la jeune maman, anémiée, doit rester 2 heures sous surveillance. La sage femme passe la voir pour parler de l’allaitement. « Elle m’a demandé si j’avais suivi les cours d’accouchement. Pour des raisons personnelles, je n’ai pas pu m’y rendre assidument. Sur un air un peu agacé, la sage-femme m’a dit : « tu ne pourras pas allaiter vu ton bout de sein, tu aurais dû suivre tes cours ». » 

Coup dur pour Tiare qui tenait vraiment à allaiter et à qui on ne donne pas beaucoup d’explication. « Cette sage-femme ne m’a laissé aucune chance, elle a tout de suite mit dans la bouche de mon bébé le biberon et hop, direction la maternité », regrette la maman. Même si aujourd’hui, avec le recul, elle excuse ce comportement : « c’est un métier qui n’est pas évident et elle était seule à gérer 3 accouchements. Les gynécologues ne sont arrivés qu’après ». 

Une fois en maternité, on donne à Tiare les cachets pour stopper la montée de lait. Encore une fois, personne ne lui donne d’explication. « L’infirmière ne m’a pas dit à quoi servaient ces médicaments, je pensais qu’ils m’étaient prescrits pour mon anémie. C’est seulement une fois pris, que l’infirmière m’a dit qu’ils étaient destinés à arrêter les montées de lait. Elle n’y était pour rien puisque dans mon dossier la sage-femme avait mentionné « allaitement artificiel »… »

Venus lui rendre visite, les proches de Tiare ne comprennent pas pourquoi son bébé est au biberon alors que la jeune maman tenait absolument à allaiter.

« Les infirmières se sentaient coupables. Pour elles, j’aurai dû avoir de l’aide. Elles ont tenté de me  rassurer et m’ont dit de m’y faire parce que j’avais pris les médicaments et qu’il ne me serait plus possible de donner le sein… »

De retour chez elle, Tiare se sent coupable. Autour d’elle, les critiques fusent. Tous pointent du doigt le lait arrificiel. « Une remarque particulière revenait souvent : « ton bébé ne sera pas fort, il n’aura pas la santé d’un bébé nourri au sein » Cette remarque en particulier me culpabilisait au plus haut point ! »

Ses proches l’incitent à essayer de donner le sein malgré tout. « Pour être franche, je n’osais le dire à personne, mais j’avais peur, peur de ne pas y arriver et d’être déçue une seconde fois, peur que mon bébé ne veuille pas prendre mon sein et peur de décevoir mon entourage qui y croyait fort. »

Mais deux semaines après son accouchement, c’est la surprise :   : « du lait coulait de mes seins, cette fois-ci ce n’était plus du colostrum mais bien du lait ! J’étais contente mais encore sur la retenue et je me disais que c’était sûrement des résidus et rien de plus. Les jours passaient et j’avais de plus en plus de lait qui coulait. Puis un jour, alors que je venais de mettre à stériliser les biberons, mon bébé s’est mit à hurler, je savais par instinct qu’il voulait téter. Mais comment faire ? Je ne voulais pas le laisser pleurer. J’étais seule et presque perdue. D’un élan, je mis dans la bouche de bébé mon sein, et à ma grande surprise il tétait ! Il tétait très bien et longtemps! J’étais émue et je n’en revenais pas. »

Tiare recommence plusieurs fois, parfois avec l’aide d’un faux bout de sein, mais elle réussit à allaiter. « J’en parlais au pédiatre mais il refusait de me croire et en riait. Peu importe, je faisais ce que mon coeur de maman me dictait » 

La jeune maman a alterné entre biberon et titi (sein, ndlr). Aujourd’hui, son bébé prend encore le biberon :  » il est l’aise avec et oui, c’est pratique quand je dois le confier pour le travail ou autre. Oui, c’est moins fatiguant pour moi, ma grossesse m’a laissé une vilaine anémie qui me fatigue rapidement. Je reçois toujours des critiques, mais une fois de plus, peu importe ! Je n’ai pas à me justifier. »

Tiare a compris une chose : « quand on veut, on peut ! Je voulais réellement allaiter malgré la peur et ce que l’on m’a dit. » 

Son expérience lui a aussi permi de se rendre compte qu’il y a « aujourd’hui encore beaucoup de préjugés sur l’allaitement. » 

En donnant le biberon, elle a parfois eu « l’impression d’avoir des regards de travers en publique, en plus des critiques et remarques : « ah tu donnes le biberon ? », « euh, pourquoi tu ne lui donnes pas ton titi ? » Ou encore lorsque mon bébé réclamait son biberon j’ai entendu une fois : « maman est vilaine, elle ne veut pas te donner son titi » (d’une mama) » se souvient Tiare. « Je ne pensais pas que je recevrai tant de critiques. »

« Aujourd’hui je me fiche de ces remarques. Mon bébé est en parfaite santé, n’est jamais tombé malade pour le moment et a très bien réagi aux vaccins. Il n’a même pas fait de fièvre alors que le pédiatre me certifait qu’il en ferait après les vaccins. Il est réellement en parfaite santé. »

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