L’accouchement, ce ticket d’entrée pour le club privé des mamans

– VOS HISTOIRES –

Merci à Lilène qui a choisi de nous raconter son accouchement avec beaucoup d’humour. Son texte :

« Cela fait 4 mois que j’ai accouché d’une jolie petite poupette et que j’ai intégré le monde très spécial des mamans. Je tenais à partager ce moment précieux qui a été de donner la vie pour exprimer un hommage à toutes les mamans qui sont inexorablement passées par cette case.

Le 07/07/2017, et après 15 heures de travail, la petite ilyana est née à 17h30. Voilà, ça c’est la version rapide !

Pour la version longue, originale et sous titrée : voici les détails ! Le 07/07/2017, à 2h du matin alors que je dormais du sommeil du juste, confortablement allongée dans mon lit en position étoile (avec, pour me tenir chaud, mes 25 kilos acquis lors de ma grossesse),une contraction forte et douloureuse m’a réveillée… et il y a eu un « shplafff » … j’ai perdu les eaux. J’étais plutôt contente que cela ne se soit pas produit au rayon légumes de chez Carrefour pendant que j’achetais des poireaux, car le terme est plutôt évocateur. On aurait même pu dire que j’avais « perdu les chutes du niagara »! J’ai toutefois réussi à douter… quand on ne sait pas ce que c’est, la première fois, cela fait tout de même une sacrée impression, mêlée de peur et d’excitation, car lorsque l’on perd les eaux, on sait que l’arrivée de bébé est imminente, que le jour J est arrivé. J’ai filé sous la douche et tenté de me calmer.

J’ai appelé le papa. J’avais tout préparé à tête reposée et dressé une check list de choses à prendre avant de partir pour les urgences, jusqu’à ma tenue d’accouchement (très étudiée pour me rappeler à jamais que dans ce moment incroyable, j’aurais été au top).

Au final, j’ai paniqué et alors que j’étais complètement hébétée sous la douche à répeter « oh mon dieu, oh mon dieu », j’ai zappé la liste, enfilé le 1er paréo à ma portée, tout oublié et filé aux urgences les cheveux en pétard.

Fait comique, en route, nous nous sommes fait arrêter par les flics. Le gendarme qui s’est approché de la vitre conducteur a demandé à mon mari s’il avait bu, avant de se raviser en me voyant sur le siège passager en train de souffler comme un vieux poney à la retraite. Le gendarme nous a donc laissé passer et j’ai pu rejoindre le service maternité du Taaone qui a confirmé que bébé allait bientôt arriver.

On m’a installée dans une chambre pour attendre que le col se dilate. Les contractions sont devenues de plus en plus douloureuses. J’ai eu mal…oh que j’ai souffert ! On me l’avait dit pourtant, mais vite fait. Les mamans ne s’éternisent en effet pas sur le sujet, elles ne parlent que de l’après, du fait que ça a été le plus beau jour de leur vie, que donner naissance, c’est magnifique… c’est vrai, mais oh mon Dieu… avant cela, il y a une phase qui s’appelle le « travail », qui consiste au temps nécessaire pour l’ouverture du col, au moyen de contractions.

Définition de contraction : …comment dire… c’est comme avoir ses règles en mille fois pire. Comme une crampe du mollet (AOUTCH), mais au niveau du ventre (AAAAAAAOOOOOOUUUUTTTCCCCHHHH!) Je comprends désormais pourquoi toutes les mamans rencontrées pendant ma grossesse m’ont toute souhaité « bon courage »… je n’avais pas tilté sur ce qui m’attendais franchement avant.

J’avais suivi avec assiduité mes cours de préparation à l’accouchement, regardé des vidéos, lu tout un tas de bouquins, fait un peu de sophrologie et je pensais sincèrement que tout était dans la tête. (Pouahaha, aujourd’hui, je me marre !) Avec l’assurance d’un maitre yogi de niveau 3, j’ai cru que j’allais gérer le stress et les contractions tel une cheffe… et bien… pas du tout ! Ma force mentale s’est réduite à zéro, adieu le glamour et les paillettes et bonjour la réalité. J’ai poussé des grognements infâmes, râlé pendant des heures, sué comme une « porquette », et pleuré comme une fillette… le seul point positif, c’est qu’à ce moment précis, je me foutais de tout, mais alors totalement.

La sage femme de garde s’est révelée une précieuse alliée dans ce moment difficile, faisant preuve de bienveillance, de douceur et de compréhension. June. Un prénom que je ne suis pas prête d’oublier. Je n’étais qu’une de ces patientes et elle ne se rappellera certainement pas de moi, alors que son visage et ses paroles resteront en revanche ancrée dans ma mémoire à jamais, car c’est elle qui, aux côté de mon mari, m’a tenu la main pour m’accompagner pendant ces longues heures où je suis devenue maman. Merci June.

J’ai demandé à bénéficier d’une péridurale. Après 6 heures interminables, la nouvelle est tombée : le col était (enfin) suffisamment dilaté pour que je sois en mesure de recevoir le fameux césame, alléluia ! 12 minutes plus tard et après une injection que je n’ai même pas sentie, je me suis envolée vers un monde merveilleux. J’ai rencontré 2 bisounours, fait la connaissance de Jésus, de Marie et même de Joseph, pour finir par m’endormir d’épuisement vers midi.

Je sentais ma fille en moi, qui descendais dans le bassin, qui poussait, poussait encore et encore, mais qui ne sortait pas. A 17h, alors que ce petit bébé n’en pouvait plus à son tour, il a été décidé de pratiquer une césarienne en urgence afin de nous délivrer enfin.

Le tout s’est passé très vite, ils ont dressé un champs devant moi et sont allés chercher ma fille. 5 minutes de spéléologie plus tard, un pleure s’est élevé dans l’air. Ilyana était là. J’ai pu la voir, la regarder un peu avant qu’il ne l’amène auprès de son père afin de pratiquer tous les soins nécessaires. Une demie heure après, les infirmiers m’ont conduit près d’eux et j’ai vu mon mari devenir père, notre enfant bien au chaud contre lui… La vie a redémarré après cette seconde et nous sommes depuis… trois.

Maintenant que je suis maman, j’ai l’impression d’avoir rejoint un club privé. Comme si j’avais passé par l’accouchement, l’épreuve ultime. Je ne comprends pas que l’on ne nous décerne pas la médaille du mérite, la légion d’honneur, la croix du salut ! Je ne comprends pas comment cette étape par laquelle tant de femme sont passées se révèle au final si banale, si naturelle et que l’on n’en parle pas plus que cela. J’ai une pensée émue tout à coup à l’égard de nos mères ! Comme elles ont été courageuses ! Aucune d’elle ne s’est spécialement vantée pourtant, ou n’a parlé de cet incroyable moment outre mesure, comme s’il était tout à fait…anodin. Je ne comprends pas. On a quand même réalisé un exploit, et oui oui, il faut le dire !

Désormais lorsque je croise une autre maman, j’ai envie de lui crier « gimme five ! », de lui lancer des clins d’œil disant « oui, je sais, moi aussi… ». On devrait donner à toutes les mamans une carte priority aux caisses de carrefour, créer une file spéciale « maman » dans les aéroports avec déroulé du tapis rouge, ainsi qu’organiser un repas annuel à l’élysée en notre honneur. Il s’agit d’un véritable marathon physique ô combien douloureux, doublé d’un tsunami émotionnel (vous a t-on parlé des hormones ?) Je pense que c’est parce que mettre au monde son enfant est si déchirant, parce que l’on fait sortir ce petit bébé de nos tripes, que l’accouchement devient l’un des moments les plus intenses et les plus beaux, de notre vie.

J’ai dit comme toutes les mamans après coup : plus jamais ! … et puis aujourd’hui, avec le recul, et alors que je me remémore parfaitement tout le parcours effectué, mais surtout que je vois ce merveilleux petit être téter dans le creux de mon sein, je me dis que « merde alors ! cétait formidable ! ».

Lilène. »

Crédit image à la une : stickSnap.io

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