Top 5 des phrases à ne jamais dire à un parent de préma

Le 17 novembre, c’est la journée mondiale de la prématurité. Soyez tranquilles, je ne vais pas (encore) vous raconter l’histoire de mon accouchement à 34 semaines et du mois passé en neo nat au chevet de mon fils branché partout tel une multiprises.

Non, j’ai compris que même si notre histoire a ému beaucoup de gens, il est impossible de comprendre ce par quoi passent les prémas et leurs parents. A moins de l’avoir vécu. Un peu comme une femme qui parlerait des douleurs des contractions sans jamais avoir eu d’enfant (ça vous parle ?)

60 000 bébés naissent prématurément chaque année en France selon SOS premas. C’est loin d’être des cas isolés. Et pourtant, on en parle encore assez peu. Alors, pour ceux qui ont la chance de ne pas savoir ce qu’est d’accoucher (trop) tôt, voici une sélection de phrases à ne JAMAIS dire à un parent de préma (on vous en remercie d’avance) :

1. « Non mais profite pendant qu’il est en neo nat pour te reposer. Tu verras quand il sera à la maison. Là c’est pas toi qui te lève la nuit »

-> Pourquoi ça m’énerve : Avoir mon enfant près de moi sans une armée d’infirmières, un respirateur, une sonde dans son estomac, un capteur d’oxygène… c’est tout ce que je veux et me lever à minuit, 3h, 6h et le savoir en bonne santé je vous assure que ça sera avec joie.

2. Les infirmières le jour où bébé sort ENFIN de l’hôpital : « Revenez quand vous voulez surtout. Vous savez les enfants nous reconnaissent, ça leur fait du bien de nous revoir »

-> Pourquoi ça m’énerve : Vous êtes mignonnes mais non. On vous remercie pour tout ce que vous avez fait mais non, vraiment, le service de neo nat n’est pas notre 2e maison.

3. Quand bébé sort de l’hôpital : « Ah ça va c’est bon arrêtes il va bien maintenant. Pourquoi tu empêches les gens de le toucher ? »

-> Parce qu’un préma a moins de défenses immunitaires qu’un bébé né à terme. Je n’ai pas l’intention de retourner à l’hôpital parce qu’une personne a insisté pour poser ses mains pleines de microbes sur mon bébé. Merci.

4. « Ah ça c’est parce que tu t’es pas assez reposée / il devait pas être assez bien dans ton ventre… »

-> Pourquoi ça m’énerve : Parce que tu crois que je ne m’en veux pas suffisamment ? Que je ne me sens pas coupable ? Mais la réalité c’est qu’accoucher prématurément peut arriver à n’importe qui. Ouais, même à vous. Et rester au lit toute sa grossesse n’y change rien.

5. Les médecins (on vous aime mais certains ne sont pas formés à la psychologie et ça se voit… si si) : « Oh ça va, y’a des cas bien plus graves que votre enfant, il va bien « 

-> Pourquoi ça m’énerve : non en fait, ça se passe de commentaire…

Se préparer à accueillir un enfant, lui faire sa chambre, lui acheter des petits vêtements, un lit, un siège auto… se préparer au jour J, l’imaginer au creux de nos bras… Et boom : finalement, accoucher bien avant, quand rien n’est prêt, être loin de son bébé, avoir parfois interdiction de le toucher… c’est un traumatisme.

Bien sûr, il y a des « petits », des grands et très grands prémas. Tous ne sont pas dans la même situation. Certains gardent des séquelles très longtemps, d’autres pas. Mais la détresse des parents est une réalité dans tous les cas. Et la minimiser n’est jamais une solution.

Aux parents de petits, grands, très grands prémas : vous êtes forts, ce que vous avez vécu ou vivez en ce moment est difficile et personne ne devrait le prendre à la légère. Vos petits sont des aito (guerriers) et vous aussi.

Sachez le, à Tahiti, l’association Les Prémas de Polynésie rend visite aux parents à l’hôpital et organise des rencontres en dehors également.

Crédit image à la une : Ta mère la blogueuse

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