Flash back 4 – Mot d’ordre : « détente »

Ma Cacahuète fêtera bientôt son premier anniversaire. Déjà ! Alors pour l’occasion, j’ai décidé de partager avec vous les quelques textes écris pendant ma grossesse. Voici le 4e épisode…

-FLASH BACK 4-

Mes sages femmes sont géniales. Aux premiers rendez-vous de préparation à l’accouchement (elles ne font que des cours particuliers pour les parents), elles nous ont expliqué que la mère n’est pas qu’un utérus sur pattes, qu’elle peut décider de comment se passera l’accouchement. Et aussi que le père a un rôle essentiel. Que nous sommes une équipe. Qu’un bébé ça se fait à deux, jusqu’au bout. Je bénie la personne qui nous les as conseillées.

Mais elles nous ont aussi expliqué qu’il faudra que l’on se crée un cocon. Que l’on apprenne à se détendre. Se détendre, nous ? On s’est regardés… Lui et moi savons bien que nous ne sommes pas du genre très zen. Moi, stressée de la vie, toujours en train de penser à mille choses en même temps, incapable de décrocher du travail même en vacances. Lui, italien espagnol au sang chaud, qui démarre au quart de tour quand on l’énerve… ça s’annonçait compliqué. 

Je suis sortie de ce rendez-vous chamboulée. Il allait falloir que j’apprenne à ralentir, à penser à moi et à ce petit qui commençait sérieusement à s’agiter dans mon ventre. L’air de dire “eh oh, je suis là !”

 

> Ahh… les hormones !
Qui dit grossesse dit changements hormonaux intenses, très intenses… Imaginez : tous vos organes se déplacent pour laisser l’espace à votre bébé, le placenta et tout ce qui va avec. Tout votre corps change. Et évidemment, vos humeurs aussi. Je suis quelqu’un de plutôt sensible. Avec les hormones, j’étais devenue quelqu’un de VRAIMENT sensible. Je balançais entre envie de pleurer et d’étriper certaines personnes. Mes fou rires pouvant rapidement laisser place aux larmes. 
> Vite ! Se détendre !

Une collègue m’a appris qu’elle aussi était enceinte. Super ! Je lui ai proposé que nous prenions des cours de yoga prénatal ensemble. Elle adore le yoga, ça tombe bien. Seulement voilà. Les cours semblent destinés à des femmes au foyer. Ou alors à des fonctionnaires… 

La première école que j’ai contactée m’a informée que les futures mamans prenaient leur cours en semaine, à 16 heures. Et pas de cours le samedi. 16 heures ??? Et quand on travaille de 8h à 18h30 non stop ? On fait comment?
Colère. Mais dans quel monde vit-on ? Il est finit le temps où les femmes arrêtaient de travailler pour faire un enfant. A moins d’être riche. Je ne comprends pas comment font les autres. 
La deuxième école de yoga que j’ai contactée avait carrément abandonné les cours pour femmes enceintes. Ok… J’allais devoir trouver un autre moyen de me détendre.

Et pour ça, on ne peut pas toujours compter sur les mêmes personnes qu’avant. Au travail comme avec votre entourage proche, une fois enceinte, il semble que vous deveniez une sorte d’intouchable. Celle qu’on n’invite plus (non, ça va la fatiguer), celle qu’on n’emmène plus déjeuner (attend, elle ne peut rien manger)… Des fois on se sent seule. 

 

> Boulot, boulot… Raahhhh

Ce qui me stressait en fait, ça n’a jamais été de faire un enfant. Même si certains ont du mal à concevoir que je soi restée zen à l’idée qu’un être humain sorte de mon corps… Je vous assure, c’est vrai. Non, ce qui me stressait, c’était mon boulot. 

Avec les hormones, il devenait difficile de supporter le stress qui se rattache à ma profession : je dois être rapide, productive, performante.
Mes supérieurs ont été géniaux. Ils ont accueilli la nouvelle avec joie, en me rassurant, me proposant d’aménager mes horaires. Mes collègues, hommes et femmes, ont vraiment fait attention à moi. 

Mais moi… Je pensais chiffres, contenu, qualité… Je n’étais jamais satisfaite. Pour moi, il était inconcevable de partir avant que j’ai terminé ce que j’avais prévu. Quand quelqu’un me remplaçait, je veillais au grain.
J’envoyais des messages, des recommandations. J’avais du mal à décrocher. La moindre erreur me mettais hors de moi. J’étais encore plus pointilleuse qu’avant. Un enfer… pour moi et certainement pour les autres, même si gentiment, personne ne me disait rien.

Je savais qu’il fallait trouver une solution : lâcher prise, se mettre en arrêt au risque de tourner en rond à la maison, ou prendre des congés, épuiser toutes mes vacances avant même l’arrivée de bébé. Partir plus tôt du bureau j’avais bien essayé. Mais non, ça ne m’aidait pas.
Même si j’avais envie d’avoir du temps, de plus en plus, pour préparer l’arrivée de notre petit ange.

 

> Aller, on se barre !

J’ai finalement décidé de prévoir des congés. On avait un budget serré mais qu’importe, il fallait que je parte. Qu’on prenne l’air. On en avait besoin tous les deux.

Le futur papa aussi avait besoin de repos. Il n’avait peut-être pas les nausées et les hormones en vrac, mais il a dû supporter mes sautes d’humeur et des remarques tout aussi sympathiques que celles que je recevais : “Attention à la couvade” “Tu as dû grossir non ?”….
Aller, on se barre.
Un petit tour au salon du tourisme et nous avons pris deux billets d’avion pour Bora Bora. En 14 ans en Polynésie, je n’avais jamais mis un pied là bas. J’en rêvais, c’était l’occasion. J’avais hâte de partir, prendre du recul, souffler, enfin prendre le temps de sentir les petits coups, de plus en plus insistants de mon fils.

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite 😘

Source image à la une : pixabay

2 commentaires sur « Flash back 4 – Mot d’ordre : « détente » »

  1. Coucou ! Comme toi ce n’est pas vraiment la grossesse ou l’accouchement qui me stressait mais le travail. Plus exactement je n’ai pas travaillé de toute ma grossesse mais j’ai repris 3 semaines après et c’était ça qui m’angoissait. A 3 semaines post partum tu perds encore un demi litre de sang par jour 😱😱 !

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