Comprendre et réagir à la « crise » des 2 ans

-LES EXPERTS-

2 ans ! L’âge que beaucoup de parents redoutent. On parle même de « Terrible two », de « crise » des 2 ans… Qu’en est-il vraiment ? Comment réagir quand notre enfant nous dit non, voire s’énerve ? Éléments de réponses avec l’association Parent autrement à Tahiti :

Y a-t-il une « crise » des 2 ans ? Est-ce que le « Terrible two » est un vrai passage ?

« Oui et non.
Oui car c’est la première phase vers son indépendance à travers des comportements d’opposition et non car cela se reproduira encore et encore jusqu’à la période ultime de l’adolescence. Ce sont des états normaux dans le développement d’un enfant.
Souvenons nous que nous sommes fiers quand nos enfants sont des adultes qui savent s’affirmer, et décider de ce qui est bon pour eux par eux-mêmes. Cet apprentissage commence dès le plus jeune âge . »

Comment réagir lorsqu’un enfant de cet âge se met en colère ? 

« Comprendre que votre enfant de 2 ans oscille entre besoin de grandir, de gagner en autonomie et frustration de ne pas y arriver. Ainsi, il faut avoir de l’empathie, et accueillir les émotions de son enfant.
Nul besoin d’accéder à toutes ses demandes, juste besoin d’être là et d’écouter avec patience en reformulant ses sentiments.
Évidemment, la tentation est grande de vouloir l’aider mais il faut se rappeler que aider ne veut pas dire faire à sa place, autrement la crise ne sera pas loin ! Le plus important n’est pas le résultat mais le chemin, laissez donc à votre enfant le temps de faire son chemin, tout en accompagnant ses erreurs comme des étapes essentielles à son apprentissage de la vie.
L’aider, c’est aussi aménager son espace. Il veut se servir tout seul : mettez une petite bouteille d’eau dans la porte du frigo pour qu’il puisse se servir tout seul, des couverts à sa taille dans une porte de placard du bas dans la cuisine, ses vêtements les plus courants accessibles sur une étagère du bas de son dressing, ses jouets préférés à son niveau dans sa chambre, un lit dont il peut sortir par lui-même qui est bas, qui garanti ainsi sa sécurité, etc.

Quand il fait une crise, il est important de ne jamais le laisser seul. Pour rappel, il n’y a pas de caprices possibles à cette âge, son cerveau est trop immature. Il faut donc rester avec lui et accompagner, avec un contact physique si possible, par exemple en le caressant ou en le tenant  dans ses bras. Il est important aussi de laisser un temps pour laisser sortir les émotions, sans parole ni explication ni la question préférée des parents « mais qu’est-ce qu’il se passe ? ».

Garder son enfant dans ses bras quand il pleure, puis , on peut proposer un verre d’eau,  de s’aérer au ventilateur, d’aller faire un petit tour dehors, etc. Quand la tension descend, à ce moment-là on peut verbaliser ce qui vient de se passer, les émotions, et probablement des solutions pour la prochaine fois. »

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Source image : www.pexels.com

Comment aider son enfant à s’affirmer ?

« Afin d’accompagner son enfant dans ces étapes essentielles pour son développement, il est important de le laisser décider d’un maximum de choses. Le besoin d’autonomie, d’appartenance à la famille, de liberté, sont primordiaux. Il est évident qu’il ne faut pas pas laisser tout faire.
Rappelez-vous que l’éducation bienveillante ce n’est pas du laxisme. Mais on peut proposer un cadre plus ou moins large selon la situation, qui permet une certaine liberté de choix.
Par exemple, pour s’habiller, on peut lui proposer deux tenues. Pour le repas, deux types de légumes. Pour se brosser les dents, avant ou après l’histoire.
Parfois, lui proposer des moments où c’est lui qui décide sans contrainte, de ce qu’on va faire aujourd’hui, de choisir le jeu de société, de décider combien de bisous on va se faire.
Attention pour cette partie-là, il faut être prêt à tout accepter, donc faites ça quand vous avez réellement du temps. Et souvenez-vous que le temps c’est de l’amour.
Lui montrer qu’on a besoin de son aide, en lui proposant de mettre les couverts à table, arroser les plantes, trier les chaussettes, etc. Cela lui permet de se valoriser, et d’avoir une vraie place au sein de la famille, d’exister autrement que par des crises. »

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