Parents, enfants : comment vivre au mieux le confinement

-LES EXPERTS-

Pas facile d’être en confinement, bloqué chez soi. Et parfois, même si on aime fort son conjoint, ses enfants, l’expérience peut s’avérer difficile. Pour vivre au mieux cette période, les conseils de Nathalie Colin-Fagotin, psychologue, à l’origine de Familipsy :

> Quel impact psychologique du confinement pour les enfants ?

« Selon les chercheurs, les autorités de santé doivent avoir une vue claire sur les conséquences possibles de la quarantaine pour en faire un usage raisonné et tenant compte des aspects psychologiques. Pour ce faire, des scientifiques ont passé au crible 24 études scientifiques, réalisées dans 11 pays depuis 2003, sur l’impact psychologique de la quarantaine chez plusieurs milliers d’individus lors d’épidémies de Sras, Mers, de grippe H1N1 et d’Ebola.
Ces conclusions sont valables également pour l’épidémie de Covid-19. Les conséquences psychologiques les plus fréquentes (pour les enfants mais aussi pour les plus grands, NDLR) sont : symptômes de stress post-traumatique, anxiété, dépression, irritabilité, confusion, peur, colère, abus de médicaments ou de drogues, insomnie, stigmatisation. »

> Quels conseils donner aux parents en cette période ?

« Les changements liés aux mesures prises dans le cadre de la crise sanitaire actuelle sont générateurs de confusions : on s’ennuie, on se sent « perdu »… Les plaintes caractéristiques de cette confusion chez les enfants vont se traduire par une impression de dispersement, d’agitation, l’ennui, la difficulté à démarrer une activité, etc. Cette perte de repères est génératrice aussi de tensions : les enfants ont faim, ils peuvent s’impatienter, ils ont besoin de bouger, ils ne sont pas forcément enclin à faire leurs devoirs, le temps leur parait trop long (pour le travail scolaire) ou trop court (pour le temps écran)… Bref, chacun exprime ses contrariétés qui peuvent envenimer rapidement les relations si elles ne sont pas anticipées…

Mon conseil : Retrouvez des repères et si besoin, créez-en ! Gardez des repères durant votre journée : le petit-déjeuner en famille, le temps du repos, l’heure des devoirs. Suivant l’âge des enfants, ils pourront mieux se repérer dans la journée s’ils ont des heures précises qui la ponctuent. Les plus jeunes auront besoin de ces repères non seulement pour se sentir rassurés, et encadrés dans ce temps de confusion, mais de plus, pour prendre de nouvelles habitudes qui faciliteront le quotidien. En outre, en fixant des repères et des temps dédiés dans la journée, vous limiterez les conflits dans la famille et les comportements opposants ; source de tensions qui peuvent prendre de l’ampleur en espace confiné. »

Comment expliquer la situation aux enfants ?

« Il est important de parler avec les enfants dans la mesure où ils posent des questions. Séparer la réalité de l’imaginaire va aussi être important pour rassurer et expliquer.
Voici quelques repères pour aborder le sujet en famille : La peur est normale et saine. Ecoutez d’abord les préoccupations de vos enfants avant d’y répondre. Suivant l’âge de votre enfant, ce qu’il aura entendu et vu… et compris, ses questions, ses inquiétudes seront différentes. D’ailleurs, il ne les exprimera pas directement la plupart du temps. Ses angoisses se traduiront par des cauchemars, du stress, de l’agitation… La situation est inquiétante pour tout le monde mais pour les enfants qui ont une imagination débordante et ont tendance à entremêler réalité et imaginaire, la situation peut vite devenir dramatique…
Et pourtant, la peur est saine et normale, car elle participe à mettre en place des stratégies pour se défendre et se protéger des différentes menaces qui nous guettent. L’enfant de moins de 6 ans va connaitre d’ailleurs plusieurs peurs irraisonnées (la peut du noir, des monstres…) qui l’aideront à appréhender peu à peu ses angoisses et développer des moyens de protection, avec l’aide de ses parents. Dans le cas présent, apprendre à se protéger, c’est utiliser les « gestes barrières » pour éviter au virus de se propager par exemple. »

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Rougeole : prévention, symptômes, complications, traitement chez les enfants

-LES EXPERTS-

Une importante épidémie de rougeole touche le Pacifique et en particulier les Samoa occidentales. Plus de 70 personnes sont décédées. En majorité des enfants. Fidji, la Nouvelle-Zélande, les Tonga et l’Australie subissent également une épidémie, de moins grande ampleur.
En Polynésie, la réintroduction de la rougeole est possible. Quels sont les moyens de prévenir la maladie ? Quels sont les symptômes ? Quel traitement ? Réponses avec le Dr Besnard, pédiatre au Centre hospitalier de Taaone.

La rougeole : une maladie résurgente ?

« Il y a 50 ans, qui ne se souvient pas avoir eu la rougeole ? C’était une maladie infantile banale, transmise par un virus (paramyxovirus) et les complications semblaient rares, mais non moins graves.

Depuis 1986, la vaccination a été rendue obligatoire en Polynésie avec une dose de Rudi-Rouvax à 15 mois, puis avec 2 doses depuis 1998 : cela a fait largement chuter la prévalence de cette maladie à tel point que nos jeunes médecins n’en ont jamais vu !

Notre excellente couverture vaccinale, avec plus de 97% d’enfants vaccinés actuellement, a fait disparaître la rougeole après l’épidémie de 1997.

En métropole, la rougeole après avoir disparu sévit de nouveau depuis 2008 par épidémies, ceci étant lié à une insuffisance de couverture vaccinale (83% au lieu des 95% nécessaires).

La contagiosité de cette virose est maximale 5 jours avant et 5 jours après l’éruption. L’incubation est de 10 à 12 jours. C’est un virus hautement contagieux par transmission aérienne (toux, éternuements, gouttelettes de salive,…). »

Quels symptômes ?

« Les symptômes de la maladie sont :

  • De J1 à J4, une fièvre élevée à 40°, un catarrhe oculo-nasal (conjonctivite, écoulement oculaire et nasal clair), une toux et un mal de gorge. L’état général est très altéré. Le signe de Köplik (petites taches blanches dans la joue) est un signe typique, précoce (H36) mais fugace et inconstant.
  • A J4 : survient une éruption morbilliforme (toutes petites taches rouges légèrement en relief avec des intervalles de peau saine), elle ne démange pas et débute 14 jours après le contage : elle débute derrière les oreilles et à la racine des cheveux, puis descend le long du corps en 3 jours. Le patient est fiévreux et très fatigué.
  • Cinq jours après, la peau desquame, la fièvre tombe, la toux et la fatigue persistent une dizaine de jours. La guérison est spontanée et l’immunité à vie. »

Des complications dans 30% des cas

« Les complications de cette maladie peuvent cependant survenir dans 30% des cas, surtout chez l’enfant de moins d’un an et sont liées à la baisse des défenses immunitaires : pneumonie, otite, diarrhée, hépatite, pancréatite, encéphalite (1,4/1000), qui survient 1-2 semaines après l’éruption et est mortelle dans 15% des cas, ou laisse des séquelles dans 40% cas.    

La rougeole est plus grave chez le nourrisson de moins d’un an et chez la femme enceinte, surtout si elle l’attrape dans les 3 semaines précédant l’accouchement car la mortalité néonatale avoisine les 33% et le risque d’encéphalite est élevé. »

Diagnostique et traitement

« La confirmation diagnostique repose sur la sérologie de la rougeole ou sur un examen (PCR) de la salive.

Le traitement de cette maladie consiste en du repos, une bonne hydratation et des médicaments contre la fièvre (paracétamol). L’isolement est recommandé à domicile dans les formes simples et la déclaration est obligatoire auprès de la direction de la Santé. Pour les personnes à risque, l’injection précoce de gammaglobulines est justifiée. »

Prévention

« Clairement, la vaccination a fait la preuve de son efficacité et près de 20 millions de vies ont pu être sauvées depuis l’an 2000, soit une chute de plus de 80% de décès ! Les populations les plus à risques d’attraper la rougeole sont les enfants de moins d’un an, les femmes enceintes non immunisées et les personnes immuno-déprimées, car le vaccin est contre-indiqué chez eux, et leur entourage doit donc être vacciné. »

A noter

Il est possible de faire vacciner les enfants à partir de 6 mois, mais il faudra quand même faire les vaccins à 12 et 18 mois.
Pour l’instant, la Polynésie n’est pas en situation d’épidémie et cette mesure n’a pas encore été décidée par le gouvernement.
Cependant, si vous prévoyez un voyage dans le Pacifique, il vaut mieux faire le vaccin et emporter son carnet de santé pour le prouver.

A retenir

« La rougeole, maladie en apparence bénigne peut être potentiellement gravissime et la vaccination est très efficace pour limiter la maladie et son extension.
Il est donc fortement recommandé, en prévision de la résurgence de cas de rougeole sur le territoire, de par les nombreux voyages dans le Pacifique, de vérifier que l’on est bien vacciné contre la rougeole, sinon de le faire auprès de son médecin traitant (2 doses vaccinales assurent une protection proche de 100%). »
Le meilleur moyen de se protéger et de protéger son entourage est de se faire vacciner !

Source image : Pixabay

La méditation, pour les enfants aussi

-LES EXPERTS-

Depuis que j’ai découvert le Miracle morning dont je vous parlais dans un article précédent, j’essaie de méditer un peu chaque jour. Mon fils grandi et je réfléchis à l’initier dès le plus jeune âge à cette pratique. A Tahiti, Maruia Vittuli donne des cours de yoga aux enfants et les initie à la méditation.

Le yoga pour les enfants, à partir de quel âge ?

Maruia propose la méditation aux enfants à partir de 5 ans. Sur internet, certains sites proposent des exercices de méditation pour les enfants dès 3 ans.

Comment ?

Vers 3 ans, l’idéal est de faire des séances très courtes, d’une minute. On peut par exemple demander à son enfant d’écouter tous les bruits qu’il entend autour de lui pour se concentrer sur son environnement. Regarder les nuages peut aussi être une manière d’initier son enfant à la méditation.

Dans ses cours, Maruia propose la méditation aux enfants à partir de 5 ans. « Je leur dis d’inspirer et d’expirer plusieurs fois ensuite qu’ils imaginent des couleurs dans leur corps . Je fais de sorte à ce qu’il soient présents et dans l’observation de ce qu’il se passe dans leur corps et autour d’eux. »

Ça leur apporte quoi ?

« La méditation les aide à se concentrer, à les détendre et à les calmer. »

Maruia propose les séances de yoga pour enfants dans les écoles ou chez les particuliers.

Et pour les grands, plusieurs applications existent. Ma préférée : Petit Bamboo 🙂

Source image à la une : Pixabay

Comprendre et réagir à la « crise » des 2 ans

-LES EXPERTS-

2 ans ! L’âge que beaucoup de parents redoutent. On parle même de « Terrible two », de « crise » des 2 ans… Qu’en est-il vraiment ? Comment réagir quand notre enfant nous dit non, voire s’énerve ? Éléments de réponses avec l’association Parent autrement à Tahiti :

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Masser bébé : comment, pourquoi, quels bienfaits ?

-LES EXPERTS-

En Polynésie, le massage est ancré dans la culture. Pourtant, certains parents hésitent encore à masser leur bébé, ou ne savent pas comment s’y prendre. Aurore Loheac, masseuse, kinésithérapeute, propose des séances pour les tout petits. Elle nous explique les bienfaits du massage.
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